Méthodologie

La performance nourricière selon PerfAlim

Définition de la performance nourricière selon PerfAlim

La Performance nourricière calculée par l’outil PerfAlim est le nombre de personnes potentiellement nourries par les Quantités annuelles nettes  (quantités vendues  – quantités achetées) de Matières Premières Agricoles (*MPA) livrées par une exploitation agricole ou un territoire.

Chaque type de matière première est caractérisé par une Valeur nutritionnelle, estimée selon trois indicateurs possibles : l’énergie (en calories), les protéines (en grammes) ou les protéines animales (en grammes).
La Valeur nutritionnelle totale des Quantités nettes de matières premières agricoles est divisée par le Besoin nutritionnel moyen d’un individu (en énergie, protéines ou protéines animales). Ce Besoin exprime les quantités d’énergie, de protéines et protéines animales recommandée pour la moyenne des besoins d’un homme de 70 kilos et d’une femme de 55kg à activités physiques modérées.

Calcul de la performance nourricière

La paille a des valeurs nulles en énergie et en protéines car elle n’est pas consommable par l’Homme (idem pour tous les fourrages)

 

Résultats

L’exploitation livre (ventes – achats) :

  • 699 000 Mcalories d’énergie, qui répondent aux besoins de 766 personnes par an,
  • 19 000 Kg de protéines totales (animales et végétales) qui répondent aux besoins en protéines totales de 995 personnes par an,
  • 2 300 Kg de protéines animales (issues du lait, de la viande), qui répondent aux besoins de 273 personnes par an.

Elle peut donc nourrir jusqu’à 995 personnes par an, sur la base de ce qu’elle livre en protéines totales (on retient le meilleur score des 3 indicateurs)

Valeur nutritionnelles des matières premières agricoles

Les valeurs nutritionnelles des aliments, à savoir la teneur en énergie et en protéines totales (protéines contenues dans l’aliment), sont issues de plusieurs bases de données, selon la disponibilité des informations. La base de données prioritairement utilisée est le bilan alimentaire de la FAO, contenu dans les synthèses chiffrées Food Balance Sheet datant de 2021 pour la France. Les valeurs sont calculées à partir des valeurs de disponibilité en quantité et de la disponibilité en énergie ou protéines d’un aliment au cours d’une année. Lorsqu’un aliment n’est pas renseigné dans cette première base, la seconde base de données utilisée est un fichier indiqué dans le document « Guidelines for the compilation of Food Balance Sheet » de la FAO[1].

Le coefficient d’efficacité nutritionnelle retenu pour l’ensemble des protéines issues de produits végétaux (céréales, protéagineux, fruits et légumes, etc.) est une moyenne de 80%, inspirée des chiffres restitués dans le rapport de la FAO Protein and Energy Requirements. Le coefficient d’efficacité nutritionnelle retenu pour l’ensemble des protéines issus de produits animaux (viande, lait, œufs) est estimé à 95 %, selon les mêmes sources.

Les valeurs nutritionnelles des produits animaux sont basées sur des hypothèses de poids vif et le rendement carcasse moyens de chaque type d’animal, estimés à partir de données diverses (Institut de l’Elevage, Uniporc, FranceAgriMer, SCEES). Les produits maigres (non finis) susceptibles d’être vendus sont valorisés, sur le plan nutritionnel, pour leur poids vif et avec l’application d’un rendement carcasse vers des produits « finis » (engraissés ou de réforme) auxquels ils correspondent.

Les valeurs nutritionnelles des aliments composés tiennent compte des niveaux d’incorporation en matières premières calculés par Alim3000 : outil d’optimisation de formules alimentaires développé par le CEREOPA en 2022, et qui permettra d’actualiser leur composition d’une campagne agricole à l’autre.

 

Hypothèses des besoins nutritionnels

Le besoin de référence en énergie et protéines utilisé dans PerfAlim est la moyenne des besoins d’un homme jeune de 70Kg et d’une femme jeune de 55kg, ayant des activités physiques modérées. Il correspond à un besoin moyen quotidien de 2 350 kcal d’énergie et de 52.5 g de protéines réellement utilisables par l’organisme (protéines à haute digestibilité et de composition en acides aminées adéquat), soit un apport d’environ 60 g de protéines dite « totales » amenées par l’alimentation (on retrouve ici le coefficient d’efficacité nutritionnelle moyen, pour tous les aliments, estimé à 85%).

En ce qui concerne le besoin moyen en protéines animales, nous nous sommes basés sur la part moyenne de protéines animales contenues dans l’apport total en protéines d’un individu (objectif souhaitable France), qui s’élève à 50%[2]. On aboutit ainsi à un besoin moyen en protéines animales réellement utilisables par l’organisme de 28,5 g par personne et par jour.

 

 

 

Source des valeurs nutritionnelles des aliments : Données de bilan alimentaire de la FAO - synthèses Food Balance Sheet, 2007
Source des coefficients d'efficacité nutritionnelle des protéines : FAO Protein and Energy Requirements
Source des valeurs nutritionnelles des produits animaux : Institut de l'Elevage, uniporc, FranceAgriMer, SCEES
Source des valeurs nutritionnelles des aliments composés : Formulations modélisées outil Ariane (CEREOPA)

Interprétation des résultats

Comme expliqués précédemment, le calculateur PerfAlim aboutit à trois résultats chiffrés de la performance nourricière, basés sur les soldes en énergie, en protéines, et en protéines animales de l’exploitation. Pour une même exploitation, ces trois résultats peuvent être très différents les uns des autres, et doivent donc être interprétés séparément.

Il ne s’agit pas de sommer ou de moyenner les trois chiffres obtenus pour obtenir une estimation du nombre de personnes nourries par l’exploitation, mais de choisir le ou les critères d’intérêt (énergie, protéines, protéines animales) en fonction du type d’exploitation étudié.

Les profils de performance nourricière seront évidemment très variables en fonction du type de production. L’objectif de PerfAlim n’est pas de légitimer certains modèles au détriment d’autres, ce qui serait d’ailleurs impossible du fait de la variabilité des contextes, mais plutôt de mettre en exergue leur complémentarité à l’échelle d’un territoire.

PerfAlim peut aussi être utilisé, à l’échelle d’une exploitation agricole, pour comparer les conséquences de différentes options de production sur sa performance nourricière (simulations de différents scénarios). En cela, elle est la méthode de référence de la mesure de la performance nourricière pour le label Bas-Carbone Grandes Cultures[3].

Il est également important de retenir que PerfAlim ne prend pas en compte le devenir des matières premières, en aval de l’étape de production agricole. Une tonne de blé sera valorisée en l’état à la sortie de la ferme, en non pas en tant que pâtes ou pain : on parle bien de potentiel nourricier de l’exploitation !

Sources et références

[1] « Guidelines for the compilation of Food Balance Sheet” – FAO – Octobre 2017 Disponible à l’adresse : https://www.fao.org/3/ca6404en/ca6404en.pdf

Lien vers le document : http://www.fao.org/fileadmin/templates/ess/ess_test_folder/Food_security/Excel_sheets/Nutritive_Factors.xls

[2] Les recommandations sont variables et rarement précises, mais une tendance à l’équilibre 50/50 semble se détacher d’après plusieurs sources INRAE reprises notamment par Protéines France et Interbev :

http://www.proteinesfrance.fr/fr/les-proteines-vegetales-des-alliees-indispensables-lequilibre-de-nos-assiettes#_ftnref1

https://www.interbev.fr/fiche/la-place-des-proteines-vegetales-dans-lalimentation-durable-tour-dhorizon-des-travaux-de-linra-article-danalyse/

 

 [3] https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/documents/M%C3%A9thode%20LBC%20Grandes%20cultures.pdf